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Cesaria Evora, la reine du Cap-Vert n'est pas seule en son royaume

Publié le 26 octobre 2009
Dans culture

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La « diva aux pieds nus », la « reine de la morna », Cesaria Evora, nous revient ce lundi 26 octobre avec un nouvel album. Un beau disque qui nous rappelle cependant que la minuscule île du Cap Vert est aussi le berceau de multiples autres artistes talentueux.

 

Ce sont de minuscules ilôts, battus par les vents de l’Atlantique, à 560 km des côtes du Sénégal. De ces terres inhabitées jusqu’à l’arrivée des Portugais en 1456, aujourd’hui paradis des touristes, a surgi l’une des voix les plus émouvantes qui soit.

 

Qui n’a pas succombé, au début des années 90, à « Miss Perfumado » ? Rythme chaloupé et sensuel, voix prenante de celle qui a déjà beaucoup vécu, Cesaria Evora fait chavirer le monde avec ses chansons tristement gaies ou gaiement tristes selon l’humeur. C’est cela la magie de la morna, cette musique du Cap Vert, lente et douce, chantée en créole ou portugais, mêlant la nostalgie du fado aux rythmes irrésistibles du Brésil et de l’Afrique.

 

À 63 ans, et après un accident vasculaire cérébral en 2008 qui l’a tenu éloignée des scènes et des studios, Cesaria Evora nous revient avec un nouveau disque, « Nha Sentimento ».





Les chagrins, les regrets, les désirs sont une fois de plus au rendez-vous de ces quatorze chansons, signées essentiellement Teofilo Chantre et Manuel de Novas, deux maîtres de la musique cap-verdienne. La voix est sans doute un peu plus fatiguée qu’auparavant, mais l’émotion est toujours au rendez-vous, surtout quand Cesaria Evora mêle sa nostalgie aux couleurs inédites de la musique arabo-andalouse (« Mam’Bia »).

 

La reine de la morna ne doit toutefois pas faire oublier l’extraordinaire richesse de la musique de son petit pays. Et contrairement aux idées reçues, la morna n’est pas seulement une musique de femmes.

 

L’un des plus grands maîtres du genre est justement Teofilo Chantre, maître d’oeuvre du dernier disque de Cesaria Evora. Si le genre vous intéresse, précipitez-vous sur les albums de cet homme à la voix de velours et aux douces atmosphères. Une introduction idéale pour le découvrir est son album « Live » enregistré en 2002 à Paris (Lusafrica).

 

Très influencé par le Brésil, un autre maître du genre est Boy Gé Mendes. Sa musique, plus moderne, a même été samplée par le groupe de hip hop Arrested Development. Un album à conseiller : « Noite de Morabeza » (1999, Ethnic). Enfin, si vous souhaitez découvrir une autre star du Cap Vert, sans doute plus « sexy » que la vénérable Cesaria Evora, laissez-vous charmer par Lura, bouillonnante interprète plus ancrée dans la pop et la soul, sans renier ses racines.

 

À écouter : « Eclipse » (2009 Four Quarters).

 

Source: www.lavoixdunord.fr













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