De plus en plus nombreuse, la communauté capverdienne de Vallauris se sent souvent stigmatisée. Pleine d'espoir et ouverte, elle entend bien changer d'image, et s'affiche dans un documentaire.
À Vallauris, quand on évoque la communauté capverdienne, c'est surtout pour parler des règlements de compte à la machette, des coups de feu, des bagarres ou encore des nuisances sonores occasionnées par un mode de vie passé en extérieur.
Des problèmes qui existent certes, mais qui ne résument pas pour autant cette population en mal de reconnaissance. À l'image de nombreux jeunes. Tiraillé entre sa ville d'accueil, Vallauris, et son île, Nat Varela Cabral Fortunato, un Capverdien trentenaire se sent partagé. Ni français mais plus vraiment de « là-bas », il reconnaît ne « pas se sentir chez (lui) à Vallauris ».
Changer d'image
Idem pour Toy Mendes Pereiros, 21 ans, qui travaille dans une épicerie de la vieille ville : « Je ne me sens pas très à l'aise. Ici, on ne peut pas vivre comme au Cap-Vert, je le reconnais. Là-bas, nous vivons beaucoup à l'extérieur. Ici, les gens ne le comprennent pas. Notre communauté dégage une image parfois négative et moi j'en souffre », raconte-t-il, lui qui voulait devenir policier. « C'est mon grand regret. C'était mon rêve de gamin. Mais je ne suis pas Français. »
Souvent stigmatisés, finalement très peu connus, les Capverdiens veulent en finir avec cette mauvaise réputation. Pour cela, à l'initiative de l'association Aux Deux Rives (1), ils ont accepté de participer à un documentaire sur leur vie à Vallauris. « Il était très important de parler d'eux autrement car ils sont nombreux mais ils n'ont pas souvent la parole », explique Marie Virolle, la présidente de l'association. Une avant-première confidentielle a été organisée à l'occasion de la Semaine multiculturelle, la semaine dernière, dans le café du vieux moulin.
Une quarantaine de personnes, toute pratiquement issue de la communauté capverdienne y a assisté. Seule la mairie manquait à l'appel. « Le calendrier est très chargé. Nous n'avons envoyé personne uniquement par manque de temps. Il ne faut y voir aucune connotation », justifie Marlyse Migliore, la directrice de cabinet du maire.
Une communauté travailleuse
Dans ce documentaire intitulé « Le cap-Vert à Vallauris », Marie Virolle et Lila Ayssaoui, les deux réalisatrices, présentent une communauté travailleuse et profondément attachée à Vallauris.
C'est le cas de Jean Vaz de Pina, français d'origine capverdienne qui ne se voit nulle part ailleurs. « Chez moi c'est ici », martèle-t-il en boucle. D'ailleurs, le jeune homme est tellement attaché à sa ville que, si désormais il vit à cannes, il est revenu y créer son entreprise de plomberie. Les pères occupaient des postes de maçons, de menuisiers ou d'ouvriers, la jeune génération de Capverdiens nés en France est désormais à la tête d'entreprises.
Certains occupent des fonctions de cadre. D'autres affirment galérer davantage. « C'est difficile de faire le travail que l'on veut quand on n'a pas la nationalité française, regrette Toy Mendés Pereiros, il faut se contenter de petits boulots. »
Combien de Capverdiens vivent aujourd'hui à Vallauris ? 3 000 selon les associations, 6 000 selon le maire.
Difficile à dire. Ce qui est sûr, c'est qu'ils sont de plus en plus nombreux à rejoindre un père, un oncle ou un frère installés à Vallauris. On les retrouve beaucoup dans la vieille ville où ils y tiennent des épiceries ou des restaurants. Une grande partie y a aussi élu domicile. Chez eux, la porte est toujours « grande ouverte. »
par:ea
source: http://www.nicematin.com
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